Chapitre 4
Après un long moment de rires et d'amusements, Matt me demanda si nous voulions rentrer, la journée étant déjà bien entamée. J'approuvais. Cela faisait quelques heures maintenant que nous étions ici et contrairement à Matt et moi, Elise avait besoin de s'alimenter. Et vu le bruit que faisait son estomac il était grand temps que l'on rentre, en effet. Matt rassemblait nos affaires tandis que je m'occupais d'Elise. On pouvait percevoir sur son visage enfantin de la fatigue mais cela n'était rien comparé à la joie intense qu'elle éprouvait de cette fabuleuse journée. Je jetais un coup d'½il rapidement au ciel, de gros nuages arrivaient – Malgré le fait que je ne sois pas une experte en météorologie - je peux d'ores et déjà affirmer qu'il va y avoir de l'orage. S'il pleuvait à petites gouttes en ce moment même, ce n'est rien à ce qui se prépare là-haut. Matt ayant remarqué ce brusque changement lui aussi me proposa :
- Je vais chercher la voiture et je reviens vous prendre ensuite, ça marche ?
- Ok, vas-y nous t'attendons.
Il partit donc dans la direction de la sortie sans oublier tout de même de se retourner une dernière fois pour faire un signe de main à sa fille. Pendant ce temps, je repensais à notre journée. Il ne faut absolument pas que j'oublie de faire développer les photos prises aujourd'hui. Je me promis aussi intérieurement de revenir ici avec ma petite famille. Un gros coup de tonnerre venait d'éclater. Elise sursauta dans mes bras et commença à sangloter. Elle enfouit sa tête dans mon cou et resserra son étreinte pour se protéger de l'orage. Je lui caressais les cheveux pour la rassurer, roulant et déroulant mes doigts dans ses fines boucles châtains et je lui chuchotais des mots réconfortants à l'oreille.
Elise calmée, je m'amusais à la jeter dans les aires et à la rattraper. Elle était aux anges, on pouvait presque croire qu'elle n'avait pas pleuré auparavant. Pour rien au monde, je n'échangerais ma place avec quelqu'un d'autre. Je regardais ma montre, elle indiquait dix-sept heures trente. Matt était parti depuis dix minutes maintenant. De nature pas très patiente, je pris la décision de m'avancer jusqu'à la sortie du parc afin d'attendre Matt, celui-ci ne devant plus tarder. Tout le long du chemin, je regardais Elise, n'ayant aucune crainte de me prendre une personne de plein fouet. Elise attira mon attention en me mettant une de ses mains sur la joue afin que je relève la tête. C'est à ce moment que mon regard se posa sur eux. Eux qui m'avaient abandonnée depuis plus d'un an aujourd'hui. Ils étaient tous là, le sourire aux lèvres. Mais que faisaient-ils ici, dans cet endroit, dans cette ville ? Parmi tous les pays de ce monde, il a fallu, hélas, que se soit celui-ci. Quelle poisse ! Ma fichue malchance serait-elle de retour ? J'espère que non. Je vous en pris mon dieu, faite que cela ne soit pas le cas. Si mon c½ur battait encore, je serais sûrement tombée dans les pommes. M'ont-ils vu ? Comment réagiront-ils s'ils me voient ainsi ? Je baissais la tête pour m'empêcher de les regarder. Soudain, tout ce que j'avais cru envolé venait de refaire surface. Je revis toute la scène dans la forêt, celle qui m'avait littéralement plongé dans la souffrance, dans le désespoir. Cette scène où Edward a prononcé ces quelques mots... « Nous partons, Bella...» ceux qui mon déchiraient le c½ur, puis ceux qui m'ont achevé... « Je ne t'aime plus, Bella... »
Je baissais la tête et continuais mon chemin en espérant qu'ils ne me reconnaissent pas. Je passais devant eux, ne voulant en aucun cas leurs adresser la parole mais ce n'est sans compter sur Alice qui m'interpella. Cette voix, je l'aurais reconnue entre mille. Celle de mon ancienne meilleure amie, que j'entendais pour la première fois en tant que vampire. Ce son m'électrifia. Je prenais une grande bouffée d'aire même si je n'en avais nullement besoin et je me retournais tout doucement, toujours la petite dans mes bras. Les sept vampires me regardaient attendant une quelconque réaction de ma part.
- Bella, c'est toi ? me demanda t-elle.
- Je crains que vous ne fassiez erreur sur la personne répondis-je sèchement mais non sans calme.
- Si, Si je sais que c'est toi me dit-elle doucement.
- Si tu le sais, dans ce cas, pourquoi me le demandes-tu questionnais-je tout en essayant de garder mon calme, chose difficile.
Nous nous regardâmes un moment sans prononcer un seul mot. Que devaient-ils penser maintenant ? Je n'en sais absolument rien et je ne veux pas le savoir, c'est pourquoi je bloquais toutes les pensées et surtout les miennes et celle de Elise, juste au cas où, pendant tout ce temps Edward n'aurait pas trouvé un moyen de lire dans les miennes. Je les dévisageais tous, guettant un signe de leur part mais aucune émotion ne se lisaient sur leur visage.
- Tu vas bien ? Se renseigna t-elle rompant le silence.
- Comme vous pouvez le voir, je me porte à merveille rappliquais-je en insistant bien sur le mot ''merveille''.
Pourquoi y a t-il que Alice qui me pose des questions et qui ose me parler ? Les autres auraient-ils perdus leur langue ou auraient-ils tout simplement peur de m'adresser la parole ? Mais dans ce cas, cela ne devrait-il pas être à moi de leur en vouloir? Si je me souviens bien – et je me souviens bien- ce n'est pas eux qui m'ont abandonné par hasard ? Non, mais je rêve-la, c'est le monde à l'envers !
Alice fit un pas en avant tandis que moi, j'en faisais un en arrière. Elle s'arrêta tout en me fixant de son regard de chien battu qui faisait craquer n'importe qui, sauf que celui-ci ne me faisait plus aucun effet. Pourquoi ? Sûrement à cause de la haine qui m'habite.
Depuis le début de notre échange, Elise regardait les Cullen d'un mauvais ½il comme si elle ressentait ma gêne face à ces gens qui autrefois, étaient ma famille. Malgré le fait que nous étions entourées de vampires à l'ouïe développée, je lui chuchotais à l'oreille :
- Ne t'inquiète pas ma Puce, je suis là. Je remarquais aussitôt que ces mots là, n'étaient pas pour la rassurer, elle, mais moi.
Je regardais à nouveau les Cullen. Mon regard ne devait plus être de couleur or mais noir. Je distinguais sur leur magnifique visage pâle une sorte de trouble, ils étaient partagés entre l'envie de me bondir dessus et de m'enlacer et celle de rester loin de moi, à l'écart, ce que je ne leur reprocherai pour rien au monde.
Cette fois, ce ne fût pas Alice qui m'adressa la parole mais Esmée.
- Bella depuis quand es-tu un vampire ? Me demanda t-elle doucement comme si elle avait peur de me brusquer. Je tournais la tête dans sa direction machinalement et après avoir hésité un bref instant, je lui répondis :
- Je suis devenue un vampire environs deux mois après que vous m'ayez abandonné crachais-je avant de finir par :
- Quelle ironie du sort vous ne trouvez pas ?
Je vis que leur visage se remplissait petit à petit de tristesse. Avais-je été trop dure ? Je ne pense pas, ce que je viens de dire n'est rien comparé à ce que j'ai intériorisé depuis leur départ. Ils étaient carrément abasourdis par mon agressivité et par mon manque de sentiment à leur égard. Au plus profond de moi-même, j'étais contente par cette nouvelle promiscuité. Je n'avais pas fini de leur en faire voir de toutes les couleurs, cela risquait d'être vraiment très drôle et je doute fort que cela le soit pour eux. Je suis certainement cruelle me direz-vous mais vous n'imaginez même pas l'ampleur des dommages qu'ils ont pu causer en moi. Ces deux longs mois, avant ma transformation – qui étaient pour moi une éternité – étaient les pires de toute ma vie, je ne m'alimentais plus, je n'avais plus aucune vie sociale à l'instar de Charlie et de Jacob, je partais le matin au lycée et je revenais le soir pour me coucher. Cette routine était devenue infernale. Je ne vivais plus, je survivais. Une larme roula sur ma joue mais je l'essuyais d'un revers de manche pour ne pas qu'ils la voient.
- Bella, tu pleures ? Me demanda Emmett surpris. Donc, ils m'avaient vu. C'est bien ma veine tient !
- Oui c'est une des caractéristiques qu'il me reste d'humaine.
- Quelles sont les autres ?
- Je peux aussi rougir dis-je comme si s'était normale.
Carlisle ouvrit pour la première fois la bouche et me dit :
- Incroyable, tu nous surprendras toujours Bella...
Je ne répondis rien.
Elise commençait à s'agiter dans mes bras. Tous la dévisagèrent. Si Esmée est attendrie par la petite, il n'en est rien des autres. Que pensaient-ils à ce sujet ? J'aimerais bien savoir. Tout d'un coup, j'eus un horrible mal de tête. Que se passait-il ? Pourquoi avais-je aussi mal ? Cela n'est pas normal ! Quelqu'un était forcément à l'origine de ça, mais qui ? Les Cullen ? Si ma mémoire est bonne, aucun d'entre eux n'est capable d'une telle chose. Un des membres de la famille aurait-il un nouveau don ? Si oui lequel ? Je faillis m'effondrer par terre et dans la panique la plus totale, je lâchais le lien de mon bouclier protecteur, sans m'en rendre compte. Chose que je n'expliquais pas, je pus lire dans les pensées.
« Quelle belle petite fille » de Esmée.
« Comment se fait-il qu'à cet instant, je peux lire dans ses pensées ? Alors que je ne le pouvais pas il y a deux minutes ! » De Edward.
« Pourquoi est-elle autant paniquée ? » De Jasper.
Mais comment cela se fait-il ? Puisque je ne l'ais pas voulu moi-même. Ho non, je crois savoir. Je crois...je crois que j'ai copié le don de Edward ! Serait-ce à cause de mon mal de tête ? Je n'en sais rien, mais tous ce que je sais, c'est qu'une personne est derrière tous cela. Les Cullen voyant mon malaise, se ruèrent vers moi. J'essayais tant bien que mal de restituer mon bouclier mais une force m'en empêche.
- Bella...tu vas bien ? Fit Alice.
- Non je ne vais pas bien Alice. Lequel...lequel d'entre vous me fait ça ? Accusais-je en augmentant les décibels plus qu'il ne le fallait.
- Quoi, mais te fait quoi ? Demanda Alice en posant la main droite sur mon épaule.
- Ne me touche pas ! Criais-je en rejetant sa main.
Elle parut déconcertée. Brusquement tous cessa et je pus enfin me détendre et rétablir mon bouclier. Je soufflais.
- Bella explique-nous enfin...s'égosilla Alice.
Je me reculais. Je voulais absolument ne pas avoir de contact avec eux. Que faisait Matt ? Pourquoi n'est-il pas encore revenu ? Jasper passa sa main dans celle à Alice pour la calmer. Ils voulaient des explications ? Ils vont être servis !
- Tu veux que je t'explique... très bien, dans ce cas, je vais le faire déclarais-je perdant mon calme pour de bon. Ce qu'il y a ? C'est que quelqu'un vient de me provoquer un horrible mal de tête, j'ai faillis tomber par terre avec la petite dans mes bras tellement que la douleur était intense et c'est dans ces circonstances que j'ai lâché mon bouclier et non que je ne l'ais voulu, j'aie maladroitement copié le don de Ed... Pourquoi se fait-il qu'une fois devant lui, je ne peux prononcer son nom ? ...J'ai maladroitement copié son don, repris-je tout en désignant Edward du menton.
Les autres le regardèrent surpris puis se tournèrent vers moi une seconde fois.
- Donc, si j'ai bien compris, tu viens de copier mon don ? Demanda Edward, prenant la parole pour la première fois. Sa voix me fit tressaillire.
- Oui, c'est exact.
- Très surprenant dit-il avec ce sourire qui me faisait tant craquer.
- Je sais.
Nous nous regardâmes un moment tous les deux dans les yeux, puis, je tournais la tête pour bien lui faire comprendre que je l'avais oublié. Enfin, en apparence, puisqu'en réalité je l'aimais encore. Mais il m'avait bien dis, à l'époque qu'il ne m'aimait plus. Enfin qu'il ne m'aimait pas.
- C'est pour cela, que j'ai réussi à lire dans tes pensées ?
- Sûrement lui dis-je un brin agacé.
- Bella... reprit Alice...Nous sommes vraiment désolés de t'a...
Devinant la suite de ses paroles, je la coupais car j'en avais assez entendu pour aujourd'hui.
- Tais-toi ordonnais-je, pourquoi ? Pourquoi êtes-vous ici ? Je vous avais...non je vous ais oublié, c'est clair ? Je vous rappelle que vous m'avez abandonné, vous, que je croyais ma famille, tous sans exception, sans un au revoir, rien. Pendant ce monologue, je les avais dévisagés chacun leur tour. Vous ne saurez jamais ce que j'ai pu vivre après votre départ. Et maintenant, vous êtes là, à me poser des questions, à vouloir que tous soit comme avant ? Je ne pourrais jamais vous pardonner, jamais. J'ai refais ma vie désormais, j'ai une famille que j'aime et qui elle ''m'aime''. Si vous croyez encore que vous avez de l'importance pour moi, je le dis haut et fort, c'est faux. Alors laissez-moi vivre ma vie comme je l'entends et disparaissez. J'avais débité ça d'une traite. Waw cela fait un bien fou !
- Dans ce cas nous te laisserons vivre ta vie comme tu l'entends me fit Carlisle avec une onde de tristesse dans la voix.
- Mais j'ai une dernière question avant que nous te laissions partir m'interpella Esmée.
- Allez-y, posez-là.
- Bella, qui est cette petite fille ?
Les autres semblaient intéressés par cette question. Tous attendaient que je réponde.
- C'est ma fil...je ne pu terminer ma phrase qui était « c'est ma filleule » car Elise secoua ses petits bras en prononçant le mot papa.
Je tournais alors ma figure dans la direction de Matt et les Cullen firent de même. Je sentis que quelqu'un essayait de pénétrer dans mes pensées. C'est alors que je reconnus Matt, je lui débloquais donc l'accès. Ses pensées me vinrent alors « Qui est-ce ? » Je lui répondais un simple « La famille Cullen », « Ceux qui ton abandonné ? », « Eux même », « On passe au plan B ? », « Quoi, quel plan B ? »
A cet instant, Matt prenait sa fille en lui lançant un :
- Oui, je suis là ma puce. Il l'embrassa sur le front. Puis il m'embrassa moi aussi mais sur la joue tout en me lançant :
- Désolé du retard chérie mais il n'y avait plus de place sur le parking, j'ai donc du me garer en double file devant le parc. Après avoir piqué un fard au mot « chérie » et comprenant enfin ce que signifiait « plan B » je me pris moi aussi au jeu.
- Ce n'est pas grave mon c½ur tentais-je en lui passant ma main dans la sienne. Qu'il accepta sans aucun doute !
C'est à ce moment là que je vis toutes les têtes se baisser. J'aperçus Jasper faire de gros yeux en fixant Edward. Qu'avait-il ? Etait-il jaloux ? Non, ça m'étonnerait. Alors pourquoi se comportait-il de cette façon ?
- Matt je te présente La famille Cullen, La famille Cullen, je vous présente Matt dis-je exaspérée.
- Enchanté fit Matt tout en tendant sa main à Carlisle, celui-ci l'acceptait sans hésiter.
- De même.
Les trois femmes –Esmée, Rosalie et Alice – détaillaient Matt de la tête aux pieds. C'est vrai qu'il était vraiment un très bel homme avec une musculature plus que parfaite, grand –deux têtes de plus que moi quand même - aux yeux dorés. De plus, il est tellement courtois qu'il en ferait fondre plus d'une rien qu'en les regardant. Mais il en aime une autre, alors laissaient tomber les filles.
- Bon et bien nous allons y aller, la petite est affamée et nous devons la nourrir.
- Oui bien sûre, nous comprenons répondis Carlisle amicalement avec son sourire si irrésistible.
- Bonsoir Bella.
- Bonsoir.
- Au plaisir de te revoir Bella... m'annonça Carlisle
- C'est ça.
Evidemment il était hors de question que nous les revoyions. Nous partîmes plus vite que nous sommes arrivés.
- Merci soufflais-je à Matt un peu plus loin, loin des oreilles indiscrètes.
- De rien, tu sais que je ferais n'importe quoi pour toi me sortit-il en me faisant un clin d'½il.
- Depuis quand sont-ils en ville ? Me demanda t-il après une courte pause tout en me lâchant la main.
- Je ne sais pas et j'espère du fond du c½ur qu'ils sont de passage et qu'ils vont vite tracer leur chemin.
- Dans ce cas, j'espère pour toi mais je ne pense pas qu'ils partent de si tôt. Ils ont vraiment l'air de tenir à toi, je les vu dans leur regard.
- Sinon, Edward...c'est un bel homme plaisanta t-il. J'ai du souci à me faire.
- Oh que tu es bête, tu sais que c'est toi que je préfère !
- Je sais. Je plaisantais.
- Tu as des blagues plus que douteuses en ce moment chéri lui dis-je ironiquement.
- Ha ha...
Il installa Elise sur son siège rehausseur. Il démarra la voiture puis nous partîmes dans la direction de notre maison...
Pour le chapitre suivant, je voudrais 85 coms car la suite n'est pas écrite et elle risque d'être aussi longue voir plus que les autres ! : ) bisous à tous